Plus de 300 structures et organisations impliquées dans la prise en compte du paysage ont signé
le MANIFESTE POUR LES PAYSAGES depuis novembre 2005. Le cadre de vie des habitants est aussi le cadre
d’accueil des visiteurs, et de nombreuses collectivités locales ont exprimé à cette occasion l’intérêt
essentiel de cette prise en compte pour leur identité et leur attractivité. Cette mobilisation affirme une
définition et un constat : les paysages ne sont pas des cartes postales figées, ils résultent des multiples
interventions humaines qui se sont succédées et qui les façonnent.
Avec le paysage, ce qui est en jeu, c’est la place de l’homme dans son cadre de vie. Le paysage est
culturel, fruit d’un regard sensible et d’une représentation du territoire au fil de l’histoire. Il est à la fois
un héritage pour chacun et un bien commun composé d’espaces naturels, de campagnes et de villes,
en constante évolution. Aujourd’hui, les territoires et donc les paysages portent les stigmates
de l’accélération technologique, de l’individualisation des comportements, de l’étalement urbain et
de la consommation abusive des terres agricoles : les aménagements sont banalisés et indifférents
à la spécificité des lieux.
L’élaboration du Manifeste avait permis de réunir autour de la table les différents acteurs du paysage :
représentants des espaces naturels, forestiers, agricoles, culturels, urbains, du patrimoine, de
la conception, etc.
Le collectif qui s’est constitué en vue de tenir des ETATS GENERAUX DU PAYSAGE en février 2007
propose des réponses contemporaines adaptées à la spécificité des sites et des lieux pour la création
et la protection des paysages, afin de dépasser le simple constat de la transformation d’un paysage
trop souvent subi.
La recherche de cohérence et de vision globale s’appuie sur une démarche d’intérêt général sur fond
de relation ville/campagne. Un projet de paysage contemporain et de qualité, c’est faire des choix en
concertation avec l’ensemble des acteurs, en s’appuyant sur la connaissance et le diagnostic des territoires.
C’est reconnaître une qualité et une valeur à ces mêmes territoires : valeur économique, valeur
historique, valeur attractive, valeur d’usage. Protection et création sont ainsi les deux volets d’une même
démarche qui s’oppose au cloisonnement des opérations, des espaces et des pensées. Des réalisations
existent pour illustrer une telle démarche de qualité et ont valeur d’exemple.
Alors que la France vient de ratifier la Convention Européenne du Paysage, les Etats généraux
doivent contribuer à la mise en place d’une politique paysagère garante du bien commun à léguer
aux générations futures.
|